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Les touristes débarquent.


Mégève démarre son expansion.

Les découvreurs

La découverte de la montagne est une longue histoire qui débute au moment où les premiers hommes commencent à y transiter, puis à y vivre, jusqu'à l'époque où ils vont se demander comment y améliorer leurs conditions de vie. Ils vont alors susciter des vocations de "découvreurs" qui, à partir des nouvelles données induites par l'apparition du tourisme, vont œuvrer pour projeter, puis créer des stations de ski.
La vie est dure en montagne.
L'exploration.
Si les conditions environnementales impliquaient jadis de la passivité pour les premiers hommes qui fréquentaient la montagne, bien plus tard, leur besoin d'activité mentale et physique les engagea progressivement à s'intéresser à leur domaine, à en connaître les éléments positifs aussi bien que les dangers et à en tirer des projets d'exploitation, surtout lorsqu'ils commencèrent à s'y installer. Déjà, l'autochtone avait commercé par-delà les cols d'altitude avec les habitants des vallées voisines, voire étrangères. Des sentiers et chemins furent ensuite créés ou aménagés qui facilitèrent et rendirent plus sûrs les échanges dont la nécessité économique était évidente...
Les guerres et les forts de défense construits aux frontières contribuèrent également à faire connaître la montagne encore plus et sous un autre aspect. Sentiers et chemins furent améliorés pour, entre autres, faciliter le déplacement des troupes et leur ravitaillement en vivres et en munitions. Des câbles furent tendus pour permettre à des nacelles ou paniers d'accéder par tous les temps aux points hauts des crêtes où furent édifiés des bastions d'observation et de défense.
La pénétration des massifs montagneux en toutes périodes et par toutes conditions atmosphériques permit ainsi aux autochtones et aux militaires appelés à la défense du territoire de connaître mieux les massifs jusqu'ici peu pénétrés. Ces nouvelles perspectives furent confortées par le fait que les autochtones prirent alors conscience que l'exploitation de leur environnement pourrait améliorer leurs conditions de vie en leur apportant des revenus supplémentaires.
De l'exploration à la découverte.
Dès le début du XXe siècle un tourisme épars avait amené en montagne quelques hommes recherchant d'autres paysages et d'autres formes de vie. Quelques-uns, même, héritiers des pionniers de l'alpinisme exploratoire, étaient prêts à en découdre avec les difficultés des cimes, arêtes et glaciers. La quête de découvertes, de connaissances nouvelles et d'enrichissement culturel amena les premiers développements d'un tourisme que l'habitant permanent appréhenda vite comme une source d'activité et une ouverture vers une autre forme d'économie.
Reconnaître les sites, puis réfléchir.
On analysa alors les données naturelles et les possibilités offertes, on supputa les chances locales et on se lança dans des projets qui, pour la première fois, touchaient à la neige et à l'utilisation que l'on pouvait en faire pour en tirer des revenus de complément.
C'est cette nouvelle situation qui contribua à faire naître un nouveau concept axé sur la potentialité de création de stations de ski (voire dans le titre "le concept").
Les découvreurs spontanés.
Bien entendu, les découvreurs de ces potentialités n'avaient aucun besoin de motivation extérieure lorsque eux-mêmes étaient des "autochtones" (ou leurs proches) et qu'ils comprenaient les enjeux et les incertitudes socio-économiques de leur avenir. De là découlèrent des initiatives locales qui résultaient de leurs cogitations et qui aboutirent généralement à des développements ciblés, à l'époque, sur le développement de leurs villages, principalement par extension de leur potentiel locatif (créations d'hôtels) et amélioration de leurs habitats. Progressivement ces efforts aboutirent à des réalisations d'entités que l'on fut prompt à baptiser "stations-villages".

De la découverte au projet.
Cette situation ne pouvait que générer, par la suite, un certain nombre d'élucubrations sans lendemain issues des rêves d'utopistes souvent mal informés du sujet ou peu compétents. Par contre, le cas du baron de Rotschild est assez exemplaire d'une attitude plus réaliste : comme habitué de Mégève, il s'en était entiché et rêvait de son développement touristique. Il semble bien avoir été le premier et le seul à avoir, à cette époque (1922), élaboré, puis réalisé, un projet cohérent, celui de l'hôtel du Mont-d'Arbois.
Il faut ensuite et d'autre part, citer la création par l'industriel italien Agnelli de la station de Sestrières. Ce fut incontestablement (et sur le plan Européen) la première réalisation sur un site vierge et conçue spécifiquement pour la pratique du ski. Elle apportait une conception urbanistique assez révolutionnaire et, surtout, beaucoup d'idées novatrices qui, à l'époque, interpellèrent de jeunes skieurs de la Savoie voisine, habituels pratiquants des pistes du Revard, Mégève ou Fontcouverte. Ce sont eux que l'on retrouve à l'origine du premier "plan-neige".
On avait vu, simultanément, les efforts de certaines stations thermales en équipements divers pour le ski et des initiatives ponctuelles de communes pour le développement de leurs villages.
Les découvreurs techniciens.
Le conflit mondial de 1939/45 va remettre à plus tard la réalisation de projets touristiques nouveaux en même temps que, par le plus grand des hasards, il va réunir dans le même camp de prisonniers (en Allemagne) un architecte et deux ingénieurs, skieurs pratiquants possédant, en plus d'une bonne connaissance des domaines skiables d'avant-guerre, tout ce que l'imaginaire put apporter à la conception de ce que pourraient être les stations de ski de l'après-guerre. On ne parle plus seulement de ski mais de tourisme hivernal...Passé entre les mains de constructeurs géniaux, le câble des téléphériques militaires va se perfectionner pour servir de moyen de locomotion pour tous les futurs pratiquants des stations de ski.
Deux compères :
A gauche, l'ingénieur Michaud
et en haut, l'architecte Chappis..
On retrouve le petit groupe du "stalag" précité (Laurent Chappis et Maurice Michaud) augmenté de quelques ingénieurs des Ponts & Chaussées et de la Reconstruction, autour d'un projet souhaité et décidé par le conseil général de Savoie.
Ainsi va se former la conception d'une station touristique nouvelle dont l'implantation ne dépendra pas d'un village existant mais uniquement d'une situation physique, sur un site attrayant au confluent d'un grand nombre de pistes possibles et à une altitude garante d'enneigements pérennes. Toutes ces conditions présideront au choix du site : Courchevel. Un accès routier sera créé qui aboutira à la porte d'entrée d'une urbanisation conçue pour que un skieur qui partira de chez lui "skis aux pieds" et y revienne de même.
Le retour aux possibilités d'investissements est encore, certes, une étape de longue haleine, mais les explorations ne cessent pas pour autant et les découvertes, appuyées sur un nouveau courant d'intérêt, amènent à de multiples projets, notamment dans les grands massifs (voire dans le titre "les aménageurs").
Les structures évolueront : le service connu comme "la commission Michaud" deviendra le S.E.A.T.M. (Service d'équipement et d'Aménagement Touristique de la montagne) dirigé par Vincent Cambau, on construira le "plan-neige" et des collaborateurs nouveaux (notamment Emile Allais) y adjoindront leur compétence.
Le temps qui s'écoule affirme chaque jour davantage la qualité de la conception des stations issues du "plan-neige" au point qu'elles deviennent mondialement reconnues comme exemplaires. Beaucoup de pays (Europe et Amérique) riches de domaines skiables équipables s'inspireront de ces principes et feront même souvent appel aux services des découvreurs français.
De la découverte à l'expansion.
Désormais, sous la pression des besoins (bientôt sept millions de skieur en France), il suffit que des sites soient attractifs pour que "se découvrent des découvreurs" qui vont, certes, les étudier mais dont les motivations principales seront la réalisation de stations de haute qualité. C'est ainsi que vont naître Flaine, Les Arcs, Tignes, Avoriaz, Isola 2000, La Plagne, Valmorel, Superdévoluy et d'autres...
La complexité des aménagements entraîne des réalisations spectaculaires dont la hardiesse donne quelquefois lieu à des controverses. Mais l'effort d'aménagement laisse encore de la place à de nouveaux "découvreurs", non plus, cette fois, de sites (car tous, ou presque, ont déjà été répertoriés et analysés), mais de conceptions nouvelles telles que, par exemple, les constructions "indoor" (pistes de ski artificielles en milieu urbain).

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