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Les touristes

Les montagnards des temps anciens ne recherchaient pas, pour se déplacer, autre chose que la facilité . Ceux qui, bien plus tard, visitaient la montagne en touristes ont, pendant longtemps, évité de s'y rendre en hiver. Il a fallu que des "pionniers" commencent à promouvoir l'usage "ludique" du ski pour que naissent, ensuite, "les sports d'hiver". Leur incroyable développement a suscité des projets d'aménagement justifiant la recherche et la définition des "domaines skiables".
Avant le tourisme à skis
Pendant longtemps, les montagnards ont subi les reliefs. Ils n'établissaient leurs itinéraires qu'avec la seule préoccupation d'y trouver les passages les plus faciles et les plus sûrs. Ils n'avaient évidemment aucune raison d'imaginer autre chose bien qu'ils devinssent coutumiers de traverser des crêtes ou des cols, notamment pour commercer.
Bien plus tard, les premiers touristes n'étaient pas (hormis de rarissimes exceptions) utilisateurs de skis car, de toute façon, ils évitaient la montagne en hiver et ne considéraient la neige que comme une incommodité. Si l'expédition de Nansen au Groenland en 1888 eut un impact considérable sur la connaissance du ski en général, son but (officiellement scientifique) n'était pas d'attirer des touristes vers les champs de neige pour en faire un loisir et un sport (voir dans le titre : "histoire du ski, les zélateurs ").
Néanmoins c'est le moment où des précurseurs, pour la plupart européens, commencent à diffuser le ski. Entre autres, le français Henry Duhamel se lance dans des "ascensions" à skis et, bientôt, emmène régulièrement ses amis sur les pentes de Chamrousse (près de Grenoble). Est-il le premier à avoir ainsi imaginé la notion de "domaine skiable" de l'histoire du ski ? C'est aussi le temps où les militaires français conduits par le capitaine Clerc font de gros efforts pour banaliser l'usage du ski dans l'armée.
Dans la foulée, les clubs de ski se multiplient ainsi que les concours. Des "pionniers" sillonnent à ski les massifs alpins et y découvrent des sites qu'ils vont fréquenter régulièrement les trouvant particulièrement bien adaptés à une nouvelle pratique du ski. Celle-ci s'oriente bientôt vers la descente plus que vers les randonnées des temps passés.
L'éclosion des "sports d'hiver"
Le sport, en général, est maintenant à la mode et, comme beaucoup souhaitent le pratiquer en hiver, voici que vont naître "les sports d'hiver". Plusieurs évènements vont développer cette tendance : la multiplication des "concours", le développement des moyens d'accès en montagne, l'amélioration des matériels individuels spécifiques à ces sports, l'augmentation des potentiels d'hébergement dans les "stations".
Dans toutes les régions de montagne, on assiste simultanément à la prise de conscience des "autochtones" qui accueillent désormais le touriste comme un "partenaire" de leur développement (voir de leur survie), à l'avidité des touristes pour un sport nouveau et à leur curiosité pour les sites skiables et leurs populations.
Bien plus, l'explosion de ce qui va devenir "les loisirs" (bientôt "aménagés" par les "congés payés") va orienter vers les vacances des tranches de population qui n'y accédaient jamais auparavant si ce n'est à cause de contraintes médicales (thermalisme).

Skier, oui... mais où ?
Il ne suffit pas que les touristes, désormais en nombre croissant, souhaitent faire du ski, encore faut-il savoir où. Or, dans les années 1920 et 30, peu de villes ou villages de montagne pourtant déjà sensibilisés par le tourisme, ont réellement misé sur la saison hivernale : on remarque, entre autres, que, à Chamonix par exemple, la plupart des hôtels restent encore fermés en hiver.
Cependant certains villages ont néanmoins commencé à équiper des pentes voisines que l'on vient brusquement de découvrir "skiables"... c'est une notion toute nouvelle évidemment issue de l'expérience.
Les aménagements qui vont résulter de cette prise de conscience attirent maintenant encore plus de skieurs de sorte qu'il faut penser rapidement à leur proposer encore plus de lieux où ils pourront le mieux pratiquer leur sport favori. C'est donc le moment où, malgré le hiatus du conflit mondial de 1939/45, des missions d'investigation et d'analyse vont aboutir à des inventaires des sites équipables. On y définit et décrit des "domaines skiables" où sont prises en compte toutes les données propres à permettre la création de stations, et où les skieurs trouveront tout ce qu'il faut pour un ski moderne, confortable et évolutif.
Les années qui suivent la guerre voient un véritable "boom" du tourisme hivernal qui, de local, devient international. Devant l'explosion du commerce induit, on parle désormais de "l'or blanc", notion nouvelle qu'il faudra, plus tard, pondérer quand on commencera à sophistiquer les aménagements qui, bien entendu, impliqueront des charges quelquefois outrancières. Mais le mouvement est irréversible et, même si la fréquentation des stations de ski s'achemine vers une stabilisation, l'avenir des "sports d'hiver" reste prometteur.

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