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Funiculaire de Corviglia à St-Moritz

Funiculaire de Chantellara à St-Moritz

Téléski à perches.

Télécabine à l'Alpe d'Huez.

Les familles d'appareils

Définir un classement par familles d'appareils est une bonne approche pour en établir un panorama, tant sous l'aspect historique que technologique. En effet les critères qui en résultent sont interactifs et le classement permet de mieux comprendre le pourquoi et le comment des évolutions depuis la "préhistoire" jusqu'aux temps modernes. L'étude des "familles" fait apparaître que la progressivité de leur développement a été bousculée, dans le milieu du XXe siècle, par le "boom" des sports d'hiver et la naissance de besoins nouveaux qui en résultaient.
Les transports de montagne dans l'antiquité.
Les premiers hommes passant ou vivant en montagne ne comptaient que sur eux-mêmes pour se déplacer ou transporter des matériaux. Ils réussirent très vite à s'adjoindre des aides animales (équidés, rennes, lamas), d'abord de bât, puis de trait lorsque apparurent des chariots et des traîneaux. Mais, déjà avant le cinquième siècle, ils construisirent des installations rudimentaires comportant un filet ou une nacelle glissant sur une corde tendue au-dessus d'obstacles tels que ravins ou torrents. Ces appareils préfiguraient la famille des "téléportés" dans sa traduction la plus simpliste.
Puis, à partir du XVIe siècle, des ingénieurs développèrent une famille dérivée sous forme de transporteurs aériens de matériaux (voir dans le titre "les réponses aux besoins").
En outre, les sédentaires montagnards, à partir des acquis des premiers "téléportés", construisirent des "télébennes" rudimentaires leur permettant des transports de charges vivrières (ou autres) entre leurs habitats et leurs alpages, forêts ou cultures,
Dans le même temps, les transports au sol passaient du primitif charroi à la carriole, puis à la diligence sans, pour autant, susciter des bases de technologies vraiment nouvelles.
Les grandes naissances : les chemins de fer, le câble, l'électricité.
Le XIXe siècle "industriel" devait apporter des changements considérables et, notamment, générer de nouvelles familles de transports "au sol". Ce furent d'abord les chemins de fer qui, bénéficiant bientôt de l'invention de la crémaillère, purent grimper des pentes escarpées. Cependant ils furent, pendant un certain temps, pénalisés par l'obligation d'utiliser des locomotives à vapeur pour chaque train de véhicules. La mise en application industrielle de l'électricité les remplaça, certes, par des automotrices électriques mais cette motricité restait encore non centralisée.
L'invention du câble métallique permit la construction de lignes à "va-et-vient" comportant deux véhicules se croisant et attelés au même câble en boucle. La motricité était, dès lors, assurée par une installation centralisée à l'une ou l'autre des deux stations terminales : c'était le début de la famille des "funiculaires". On dispose donc maintenant d'une famille de "transports au sol" utilisant une lourde infrastructure : la voie ferrée et les ouvrages attenants.
Trois catégories distinctes :
- les lignes à voies standard (bi-rails),
- les lignes à crémaillère (3 rails),
- les lignes à câble
("funiculaires" de "funiculus" = petite corde).
Les chemins de fer à crémaillère vont d'abord connaître un développement satisfaisant car ils seront, pendant quelque temps, à peu près les seuls engins pouvant répondre aux besoins de la vogue récente du tourisme en montagne.
Ils perdront ensuite un peu de terrain au profit des funiculaires dont la construction et l'exploitation sont moins coûteuses. Néanmoins, on y reviendra beaucoup plus tard (voir plus loin : "la traduction du progrès"). Les funiculaires, à leur tour, perdront de l'intérêt lorsque le développement exhaustif de l'utilisation du câble générera de nouvelles familles de transports à câbles.

Les transports à câbles s'imposent.
Survient le succès des "sports d'hiver" qui va entraîner la nécessité d'imaginer des "transports de masse" qui leur soient spécifiques. Les premières cohortes de skieurs vont commencer à saturer les quelques appareils de remontée qui existent déjà (funiculaires, téléphériques) et orienter les techniciens vers des inventions d'appareils basés sur des principes innovants permettant de mieux répondre aux exigences de cette nouvelle clientèle.
Certes, l'expérience des funiculaires permet de concevoir des traîneaux tributaires du même système de câble ("télétraîneaux"), mais les problèmes de la sécurité difficiles à résoudre joints à l'apparition d'une notion de "débit", on s'aperçoit vite que ces appareils n'ont pas grand avenir. Cependant ce stade engage les chercheurs à développer les "transports au sol" qui, jusqu'alors, n'avaient pas été étudiés plus avant. Au surplus, ils reconnaissent que le débit peut s'accroître si l'on multiplie le nombre des voyageurs sur la ligne, d'où l'idée de multiplier le nombre des "véhicules". Ils pensent alors à remplacer "le" traîneau par "des" luges qui peuvent être nombreuses sur le même câble.Pour cela il faut lever ledit câble sur des poulies de poteaux (qui deviendront "pylônes") : ils ont inventé le téléluge.
On améliore le système en remplaçant les luges par des agrès également individuels : ainsi débute le règne du "téléski" (avec ses dérivés "fil-neige" et autres). Les familles de "transports au sol" vont, à quelques avatars près, s'arrêter là.
Mais voici que des inventeurs, exploitant les avantages connus des câbles plus hauts (franchissement d'obstacles, notamment) construisent aux USA, puis en Suisse, les premiers "télésièges" (monoplaces au début). On vient ainsi de voir naître l'une des pièces maîtresses de ce qu'il est maintenant convenu de nommer les "téléportés". L'introduction du câble haut dans ce qui est, déjà, le "parc des remontées mécaniques", incite à diversifier et l'on imagine des "télébennes" qui vont démontrer assez vite leurs défauts. Cependant les télésièges sont pleins de promesses : ils admettent bientôt la multiplication progressive du nombre de passagers par siège : ce sera longtemps 2, puis 3 et 4, puis 6, enfin 8....pour le moment .
Par la suite, on va concevoir un tapis de lancement qui, en facilitant les embarquements, doit permettre l'augmentation de la vitesse de ligne et le débit d'autant. On expérimentera aussi la solution d'engins dits "pulsés", consistant au regroupement des véhicules par "trains" entraînant une possibilité de vitesse accrue entre leurs phases de passages en "gares".
Bientôt éclate une quasi-révolution des téléportés : la pince débrayable. Son avantage est énorme puisque le débrayage des véhicules dans les gares (opérations d'embarquement et de débarquement) autorise une grande vitesse de ligne. Cette solution est appliquée simultanément aux télésièges et à de nouveaux engins, les télécabines. Là aussi, de gros progrès résulteront d'une simple multiplication : le nombre de passagers par cabine (1 puis 2 dans les débuts, puis 4, puis 6, puis 10 et bien au-delà). On notera que, dans le même temps, les capacités des bennes de téléphériques ont considérablement augmenté, ce qui a justifié de nouvelles constructions de cette famille d'appareils en dépit de l'ancienneté de son principe.
Téléphérique à Courchevel.
La traduction du progrès.
Même si l'on ne fait que citer d'autres réalisations comme les ascenseurs inclinés, les télécordes, les tapis glissants qui sont, pour la plupart, une extrapolation des grandes familles de remontées mécaniques, on constate une assez grande diversité du parc mondial des appareils (près de 30 000 vers la fin des années 1990).
On peut, dès lors, tracer la grille de classement suivante :
1/ Transports sur rails : chemins de fer à crémaillère, funiculaires, ascenseurs inclinés
2/ Transports au sol : télétraîneaux et téléluges (câble au sol), fil-neiges, télécordes, (câble bas), téléskis et téléskis débrayables (câble haut), tapis
3/ Transports aériens (téléportés) : bi-câble (téléphériques, télécabines), monocâbles (télébenne, télésièges fixes et débrayables, télécabines, doubles-mono-câbles).
On pourrait supposer que, compte tenu du nombre important de chercheurs, d'inventeurs et de constructeurs concernés par le développement des équipements de remontées mécaniques, nous sommes arrivés à un point où il parait difficile de trouver des solutions vraiment nouvelles. Mais, comme le progrès technologique est un mouvement continu, tous les espoirs sont permis !
Funiculaire de Saas-Fee.

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