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L'ancien funiculaire de Saint-Moritz-Corviglia (Suisse) en 1947.

Téléphérique des glaciers en 1924 à Chamonix.s

Télésiège latéral de Beatenberg en 1951 (Suisse).

DMC

Les technologies

Astuces et bricolages
De tous temps, les hommes firent preuve d'ingéniosité, de créativité et d'habileté manuelle pour fabriquer des outils et des appareils destinés à leur faciliter la vie. C'est ainsi que les habitants des montagnes ont, très tôt (voir dans le titre "les grandes étapes"), imaginé et réalisé des sortes de téléphériques leur permettant de traverser ou de surmonter des obstacles.
Au fil des siècles, les initiatives se sont multipliées, les "tours de main" se sont transmis de génération en génération, les outils se sont spécialisés et l'on a, ainsi, commencé à utiliser des "technologies". Simultanément, les sciences, lentement acquises, sont sorties de leur "cocon" philosophique et l'on a commencé à comprendre qu'elles pouvaient avoir des applications pratiques. Dès la préhistoire, les hommes avaient fait de la "métallurgie expérimentale" et, à partir de leurs trouvailles en minerais divers, avaient réussi à produire des alliages. Cet exemple particulier explique comment, plus tard, le "câble", élément qui deviendra essentiel pour les remontées mécaniques, a évolué à partir des années 1830 (en remplacement des cordes en fibres végétales), vers le toronnage de fils enfin en acier (après les essais de Leonard de Vinci sur le bronze).
La genèse des technologies
Dès le XVIIIe siècle, le rythme des inventions s'accélère et l'on commence à s'intéresser aux méthodes et aux moyens de production. A cet égard, la fameuse "encyclopédie" de Diderot et d'Alembert, parue en 1772, démystifie nombre de fabrications en décrivant les outillages, les procédés et même les gestes des ouvriers. Même si le terme de "technologie" n'est pas encore compris et utilisé, on peut penser que cette encyclopédie (qui sera suivie de tant d'autres dans bien des pays) en est la première manifestation sérieuse.
Dans le même temps, les travaux de Denis Papin sur l'énergie de la vapeur sont suivis par ceux de James Watt, de Fulton, de Blenkinson, puis de Stéphenson pour, finalement, aboutir à la création de la machine à vapeur et, plus précisément, des chemins de fer.
Cette invention majeure, suivie très vite par de nombreuses applications souvent complexes, va générer une évidente floraison de techniques liées à la production de métaux et alliages spécifiques, ainsi qu'aux méthodes et moyens d'usinage. Il a donc fallu également concevoir des machines et des appareils assistant ou suppléant la main de l'homme pour en avoir la maîtrise.
Les câbles d'acier toronnés.
La locomotive à vapeur et à crémaillère de Blenkinsop (1812).
Proches parents des chemins de fer, les funiculaires, de leur côté, ont impliqué une technologie issue des câbles métalliques utilisés en boucle dans le système "va-et-vient" (deux véhicules tirés par le même câble et se croisant à mi-parcours). En outre et d'une façon générale, on a dû inventer, puis améliorer les systèmes moteurs, notamment les locomotives à vapeur. Ce sera encore plus opportun lorsqu'il faudra mettre en pratique les possibilités motrices de l'énergie électrique : un problème de base puisque non étudié jusqu'alors.
Le câble métallique d'un part et l'énergie électrique d'autre part apportent des possibilités énormes de perfectionnement du système téléphérique et aboutissent à la construction d'appareils dont certains resteront longtemps exemplaires, tel celui du Wetterhorn en Suisse (voir dans le titre "les réalisations exemplaires").
Les remontées mécaniques et leurs retombées technologiques
L'ère du tourisme en montagne et, surtout, le développement soudain des "sports d'hiver" vont nécessiter la création et le développement d'appareils de transports en montagne et, plus précisément, de remontée des skieurs vers les départs de descentes. Téléphériques et funiculaires vont alors être utilisés au mieux de leurs capacités... qui se révèleront bientôt trop faibles. En construire d'autres est long et coûteux et, à partir des connaissances et des technologies déjà acquises avec ces engins, on va concevoir une remontée utilisant le câble : ce sera le "télé-traîneau". Le principe de son déplacement (voire de la morphologie de ses véhicules) est issue de celle des funiculaires mais le système s'allège car le (ou les) véhicule glisse simplement sur la neige et c'est là un progrès important.
Le constat qu'un véhicule unique, même transportant un petit groupe de personnes, reste limité en débit, amène à envisager la multiplication des véhicules. On invente alors le "télé-luge" où le traîneau collectif unique est remplacé par des luges individuelles multiples. Alors que, pour les "télé-traîneaux", le câble tracteur pouvait rester au sol, cette nouvelle disposition oblige à un câble haut qui devra donc être porté par des "pylônes". On vient d'entrer dans une nouvelle technologie : celle des "câbles hauts" et des lignes "aériennes". Il faudra concevoir et maîtriser les systèmes de poulies sur pylônes et, sur celles-ci, le passage des attaches de remorquage.
Ce sont ces acquis techniques conjugués aux préoccupations de débit qui, dans les années 1934/35, vont susciter la naissance du téléski. Ces appareils vont révolutionner le parc des remontées mécaniques : leurs avantages sont si nombreux qu'ils vont proliférer et entamer une carrière qui les mettra, quantitativement, au premier rang mondial des appareils construits. Des technologies dérivées leur apporteront des améliorations constantes : meilleure tension du câble, meilleures attaches ("suspentes" appelées à devenir débrayables), anti-dérailleurs des poulies, possibilités d'angles sur les parcours, etc... Bientôt on voit sur quelques lignes, des sièges monoplaces remplacer les suspentes, afin de permettre ainsi une exploitation estivale. Dans le même temps, les USA construisent un véritable "télésiège" où le câble devient totalement "porteur-tracteur". La grande famille des "téléportés" vient de naître sans, pourtant, apporter de problèmes mécaniques très nouveaux. Pourtant, on hésite encore beaucoup sur les systèmes d'embarquement et de débarquement d'autant que les premiers appareils biplaces ont, presque tous, des sièges parallèles à la ligne obligeant ainsi les passagers à quitter leurs skis. On ne tardera pas longtemps à mettre les sièges perpendiculaires pour y remédier. Les évolutions basées sur le thème du débit seront évidentes : augmentation du nombre de passagers par siège. De deux, il passera à 3, puis à 4, puis à 6, puis à 8....On cherchera aussi à améliorer ce fameux débit par augmentation de la vitesse de ligne : embarquements par tapis, essais d'appareils "pulsés"...
L'une des pièces maîtresses des télésièges est la pince d'accrochage des véhicules sur le câble. Si l'on a, assez vite, réussi à concevoir des attaches débrayables pour les suspentes de téléskis, il n'en est pas de même pour les pinces des téléportés.
Télétraîneau à Howelsen Hill (1937).
Télécabine "bicâble".
Ce n'est qu'en 1972 que le constructeur français Pomagalski réussit à en équiper un télésiège triplace. Mais, entre-temps, beaucoup d'ingénieurs et de constructeurs se sont penchés sur cette technologie pour l'adapter à un autre projet d'appareil : les télécabines. Il ne s'agit, en fait, que d'un avatar de la technique télésiège puisque, sur le principe, il suffisait de remplacer les sièges par des cabines fermées. La seule différence se trouve à l'exploitation puisque les passagers doivent déchausser les skis pour embarquer. Contrebalançant ce handicap, l'accroissement notable de la vitesse de ligne augmentera considérablement le débit.
Un téléski Pomagalski.
En 1984, l'invention du DMC, par le Français Denis Creissels, ouvre avec ce "double-mono-câble" une technologie nouvelle apportant des avantages d'exploitation très importants.

Y a-t-il des technologies d'avenir ?
L'évolution constante des technologies de base et l'apport incessant de nouveautés techniques (voir dans le titre "les composants") ont permis la croissance des performances des appareils "traditionnels" et l'éclosion de "dérivés".
Les cabines de téléphériques ont gonflé considérablement leur potentiel de charge (jusqu'à 200 passagers). Des funiculaires souterrains (et sous-glaciaires) ont été construits en des temps records grâce, notamment, à l'usage des "tunneliers"...
Mais ? Mais l'on reste encore sur des systèmes désormais connus et expérimentés depuis des décennies et, hormis quelques "gadgets" tels que les "tapis glissants", qui pourrait se permettre de dire que la porte des inventions est désormais fermée ?

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